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Klaus Hommels, du capital-risque européen au capital géopolitique

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Deux anciens chefs militaires, une figure de la diplomatie américaine passée par la CIA, l’une des personnalités les plus influentes du numérique britannique : le conseil consultatif de LAKESTAR Resilience ressemble moins à celui d’un fonds de venture qu’à l’ébauche d’un état-major. Cette composition résume à elle seule la transformation engagée par son fondateur Klaus Hommels. Après avoir financé les premières plateformes numériques européennes, l’investisseur allemand veut désormais soutenir les technologies qui détermineront la liberté d’action du continent.

Le 17 juillet 2026, LAKESTAR annonçait la clôture de Resilience I à 300 millions de dollars (262,2 millions d’euros). Le véhicule, sursouscrit, investira dans des entreprises de défense et dual-use en Europe et dans les pays alliés de l’OTAN. Autour de la table : Sir Nicholas Carter, ancien chef d’état-major des armées britanniques ; Volker Wieker, ancien inspecteur général de la Bundeswehr, Martha Lane Fox,  et Mike Pompeo, ancien secrétaire d’État américain et ancien directeur de la CIA.

Car la défense ne réclame pas seulement du capital, elle exige de comprendre les doctrines militaires, les procédures d’acquisition, les règles d’exportation et les rapports entre États. Dans ce secteur, le réseau institutionnel n’accompagne pas la stratégie d’investissement : il en fait partie intégrante.

Pour Klaus Hommels, Resilience I formalise une conviction qu’il dit porter depuis près d’une décennie, mais le fonds marque surtout une rupture plus profonde, LAKESTAR, longtemps associé à Spotify, Klarna, Revolut ou Airbnb, entend financer les capacités technologiques dont l’Europe aura besoin pour ne plus dépendre entièrement des États-Unis ou de la Chine.

Un capital-risque qui change alors de fonction et ne sert plus seulement la croissance, pour devenir un instrument de puissance.

Avant la géopolitique, le premier Internet européen

Klaus Hommels fait partie de la première génération d’investisseurs ayant cherché à donner une dimension mondiale aux entreprises technologiques européennes. Diplômé en gestion et docteur en finance de l’université de Fribourg, il passe par Bertelsmann puis AOL Allemagne, où il travaille de 1995 à 1999 sur le développement, les contenus et la publicité.

Ce passage par AOL est révélateur d’une époque, où l’Europe numérique des années 1990 se construit largement par importation de modèles américains : les plateformes, les capitaux et les standards viennent des États-Unis.

Klaus Hommels rejoint ensuite Apax Partners, puis Benchmark Capital Europe, devenu Balderton Capital, mais c’est surtout à travers ses investissements personnels qu’il construit sa réputation. À une époque où l’écosystème européen reste modeste, il mise sur Xing, Skype, Klarna et Spotify, et investit également dans Facebook et Airbnb.

Le cas Spotify devient emblématique, Klaus Hommels entre au capital de l’entreprise suédoise en 2009 et rejoint son conseil d’administration alors que le streaming musical doit encore prouver qu’il peut devenir un marché légal, mondial et rentable, Spotify ne vaut alors qu’une fraction des dizaines de milliards de dollars qu’elle atteindra par la suite.

Cette période installe la première doctrine de Klaus Hommels : l’Europe peut produire des entreprises mondiales, à condition de ne pas les vendre dès qu’elles commencent à intéresser les grands groupes américains. Il faut leur donner du capital, du temps, et une ambition internationale.

Le problème, à l’époque, est moins technologique que financier, car les entrepreneurs existent, mais les fonds européens restent trop petits pour accompagner leurs sociétés jusqu’aux dernières étapes de croissance. Les entreprises finissent par lever aux États-Unis, et déplacer une partie de leur centre de gravité, ou accepter une acquisition. Cette dépendance au capital étranger deviendra, quelques années plus tard, le point de départ de sa doctrine.

LAKESTAR, d’un réseau personnel à une plateforme institutionnelle

Fondé en 2012, LAKESTAR permet à Klaus Hommels de passer du statut de business angel à celui de gestionnaire institutionnel. La société investit de l’amorçage au growth, développe des équipes à Zurich, Londres et Berlin, et lève des capitaux auprès de fonds de pension, d’assureurs, de family offices et d’autres investisseurs professionnels.

Son portefeuille raconte l’Europe technologique des années 2010 : Klarna transforme les paiements, Revolut s’attaque aux services bancaires, SumUp équipe les commerçants, tandis que Glovo, GetYourGuide, Omio et Sennder numérisent respectivement la livraison, le tourisme, les transports et la logistique. Airbnb, Coinbase et Facebook donne une dimension plus internationale à l’ensemble.

LAKESTAR s’installe ainsi dans la catégorie encore étroite des fonds européens capables d’accompagner plusieurs phases de développement. La société affirme aujourd’hui gérer plus de 6 milliards de dollars d’actifs sur une plateforme associant fonds institutionnels et investissements personnels

« Cold War 2 » : la technologie cesse d’être neutre

Klaus Hommels situe ses premiers investissements dans la défense autour de 2017. La catégorie est alors jugée difficilement investissable par une grande partie du capital-risque européen : les politiques ESG excluent souvent les armes, les clients publics rallongent les cycles commerciaux, le risque réputationnel décourage les LP institutionnels.

Deux ans plus tard, Hommels formalise sa réflexion dans une intervention intitulée « Cold War 2 and the Role of Tech ». Son point de départ tient en une phrase : la rivalité entre puissances ne passe plus seulement par les armées, les matières premières ou les infrastructures physiques, mais par les plateformes, les données, les semi-conducteurs, le cloud, les télécommunications et l’intelligence artificielle. Une technologie conçue dans un pays, financée par ses capitaux et soumise à ses règles d’exportation, ne peut être tenue pour parfaitement neutre, elle reste liée aux intérêts stratégiques de son territoire d’origine.

L’Europe s’expose ainsi, selon Hommels, à une double dépendance, elle utilise des technologies qu’elle ne contrôle pas, et sollicite des capitaux étrangers pour financer celles qu’elle parvient encore à produire. Une entreprise peut être européenne par son siège et ses fondateurs, mais devenir progressivement américaine par son capital, sa gouvernance, ses débouchés et ses contraintes réglementaires.

Dès 2019, Hommels défend l’idée d’un fonds souverain européen capable de soutenir les entreprises stratégiques. La souveraineté devient ensuite l’une de ses priorités lorsqu’il prend la présidence d’Invest Europe pour l’exercice 2022-2023 : l’association indique alors qu’il souhaite promouvoir la souveraineté européenne dans le financement et la technologie, accroître les capitaux disponibles et identifier les briques indispensables à l’autonomie du continent.

Cette évolution précède l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, mais celle-ci lui donne une tout autre portée. Drones, intelligence artificielle, satellites, guerre électronique, communications sécurisées : ces capacités deviennent immédiatement opérationnelles. La frontière entre technologie civile et militaire se brouille. Le dual-use, longtemps manié avec prudence, devient une catégorie recherchée, et l’industrie du venture découvre que la souveraineté peut, elle aussi, constituer un marché.

Helsing, le pari qui change de dimension

Helsing occupe une place centrale dans la nouvelle doctrine de LAKESTAR. Créée en 2021, l’entreprise munichoise commence par développer des logiciels d’intelligence artificielle capables de traiter les données issues de différents systèmes militaires, avant de s’étendre vers les drones, les aéronefs autonomes, les capacités sous-marines et les plateformes de combat.

L’ambition dépasse la simple brique logicielle livrée à un industriel historique, Helsing veut devenir un nouvel intégrateur, capable d’associer logiciel, autonomie et production physique, en somme un « new prime » européen.

Le 13 juillet 2026, l’entreprise annonçait une série E de 1,8 milliard de dollars, portant sa valorisation à 18 milliards. Dragoneer, Lightspeed, ICONIQ, Goldman Sachs Alternatives, JPMorganChase, CPP Investments, General Catalyst, Plural et StepStone participent au tour.

Pour Klaus Hommels, cette opération valide sa conviction qu’une entreprise de défense européenne peut attirer autant de capitaux que les plus grandes plateformes numériques du continent. Helsing devient ainsi l’une des sociétés technologiques les mieux financées d’Europe, en mesure de rivaliser avec Anduril, Palantir ou Shield AI.

Mais cette validation révèle du même mouvement la dépendance que LAKESTAR entend combattre, à savoir qu’une grande partie du capital de croissance provient d’investisseurs américains ou internationaux : l’Europe sait produire un champion, mais ne dispose pas encore des fonds capables de financer seuls l’ensemble de sa trajectoire. L’ordre de grandeur est parlant, la seule série E de Helsing représente près de sept fois la taille totale de Resilience I.

LAKESTAR a construit d’autres positions dans les technologies stratégiques, notamment Isar Aerospace pour l’accès européen à l’espace, et Auterion pour les logiciels de systèmes autonomes et de drones. Son portefeuille comprend aussi des sociétés plus jeunes, encore peu connues du grand public, susceptibles de fournir certaines briques de la nouvelle industrie militaire.

Helsing reste néanmoins la participation qui transforme une doctrine en démonstration. Elle montre ce que LAKESTAR veut financer, et rappelle, en creux, tout ce qu’un fonds de 262,2 millions d’euros ne pourra pas accomplir seul.

2025 : LAKESTAR referme le cycle généraliste

Le déplacement sectoriel de LAKESTAR s’accompagne d’une modification plus radicale de son modèle. En octobre 2025, Hommels annonce que la société ne lèvera plus de nouveaux fonds généralistes auprès d’investisseurs externes. LAKESTAR entend concentrer ses efforts sur son portefeuille existant, utiliser davantage son propre capital, et développer des produits ciblés pour accompagner certaines entreprises ou saisir des opportunités spécifiques. Resilience I constitue précisément l’un de ces véhicules.

La décision est inhabituelle. La plupart des sociétés de venture assurent leur continuité en levant un nouveau millésime tous les trois ou quatre ans : le fonds suivant permet de conserver les équipes, d’investir dans une nouvelle génération d’entrepreneurs, et d’augmenter progressivement les actifs sous gestion. Y renoncer, c’est modifier l’économie même de la plateforme.

Hommels présente cette rupture comme un choix de concentration et de liberté : LAKESTAR veut consacrer moins de temps aux levées et davantage aux entreprises déjà financées, utiliser son capital avec plus de flexibilité, sans reproduire les contraintes d’un fonds généraliste. Sa communication adopte d’ailleurs un vocabulaire presque doctrinal : « Neutrality is no longer a strategy », affirme LAKESTAR sur son site, avant de défendre la concentration des investissements et le temps long.

On peut lire cette réorientation comme l’aboutissement d’une carrière, après plusieurs sorties majeures, Klaus Hommels dispose des ressources nécessaires pour investir davantage son propre patrimoine et se libérer en partie du cycle des LP, mais elle intervient aussi dans un contexte moins favorable au venture européen. Les distributions ont ralenti, les introductions en Bourse se sont raréfiées, et de nombreux investisseurs institutionnels examinent plus sévèrement les performances des fonds constitués pendant les années de taux bas, les valorisations inscrites dans les portefeuilles ne se convertissant pas toujours en liquidités.

Sans données détaillées sur les différents millésimes de LAKESTAR, il serait hasardeux d’attribuer cette décision à leurs performances, mais la question ne peut pas être évacuée par le seul récit de la liberté retrouvée : un gestionnaire qui choisit de ne plus solliciter de nouveaux capitaux externes modifie aussi la relation qu’il entretenait avec ses investisseurs historiques. Resilience I apporte une première réponse, Hommels ne renonce pas aux LP, il leur propose une thèse plus ciblée, plus politique, et probablement plus facile à défendre devant leurs comités d’allocation qu’un nouveau fonds généraliste.

Resilience I, la formalisation d’une mission

LAKESTAR affirme que Resilience I est le plus grand fonds institutionnel européen exclusivement consacré à la défense et au dual-use ayant atteint une clôture finale avec des capitaux privés. BAE Systems figure parmi les investisseurs révélés, et le véhicule interviendra en Europe, mais aussi dans les pays alliés de l’OTAN.

Son portefeuille comprend aujourd’hui notamment Frankenburg Technologies, Uforce, Kela, Onodrim et Twentyfour Industries, ainsi que d’autres participations restent confidentielles.

 

Si la taille du fonds lui permet d’investir dans plusieurs sociétés, de participer à leurs tours successifs et d’attirer des co-investisseurs, elle reste modeste, en revanche, face aux besoins d’une entreprise qui doit construire une usine, sécuriser une chaîne d’approvisionnement ou produire des milliers de systèmes.

Le véritable apport de LAKESTAR se trouve donc dans sa capacité à connecter trois mondes qui communiquent encore difficilement: les entrepreneurs, les investisseurs institutionnels et les États. La composition du conseil consultatif répond précisément à cette fonction. Sir Nicholas Carter apporte une compréhension des forces britanniques et de l’OTAN, Volker Wieker connaît la Bundeswehr et l’appareil allemand, Mike Pompeo offre une lecture américaine du renseignement, de la diplomatie et de la sécurité, Martha Lane Fox relie le fonds aux politiques numériques et aux institutions britanniques.

Ces personnalités peuvent aider LAKESTAR à identifier les besoins, comprendre les délais de la commande publique, et distinguer une démonstration technologique d’une capacité réellement recherchée par les armées. Dans le SaaS, un fonds aide une entreprise à recruter ses commerciaux et à affiner son go-to-market, dans la défense, il doit aussi l’aider à traverser une architecture de pouvoir.

L’investisseur devenu entrepreneur de politique publique

Klaus Hommels veut désormais participer à la construction des institutions censées l’organiser.

Après Invest Europe, il est nommé en mars 2023 président du NATO Innovation Fund lors de sa phase de lancement. Ce fonds multilatéral, soutenu par des pays alliés, dispose de plus d’un milliard d’euros pour investir dans des start-up et des fonds travaillant sur l’intelligence artificielle, le quantique, les biotechnologies, les nouveaux matériaux, l’énergie, la propulsion et le spatial. Hommels préside ensuite son conseil consultatif. Il siège également au Security Innovation Board de la Munich Security Conference, et intervient régulièrement dans les débats consacrés à la consolidation industrielle, à la commande publique et à la souveraineté technologique.

Cette présence fait de lui davantage qu’un venture capitalist : un entrepreneur de politique publique, un acteur privé qui cherche à modifier les règles, les institutions et les priorités d’investissement. Sa doctrine repose sur une forme de politique industrielle conduite par le capital et identifier les capacités manquantes avant même que les administrations aient formulé leurs besoins, financer les entreprises capables de les produire, préserver leur gouvernance européenne jusqu’au passage à l’échelle.

Cette ambition fait aussi apparaître une concentration inhabituelle de rôles. Le même acteur peut investir dans des sociétés de défense, conseiller un fonds soutenu par des États, participer aux débats sur les achats militaires et plaider pour une hausse des capitaux alloués au secteur. Il ne s’agit pas, en l’absence d’éléments, de suggérer un conflit d’intérêts. Mais le capital géopolitique rapproche nécessairement des sphères que le venture généraliste pouvait maintenir à distance : lorsque les gouvernements constituent le principal marché, la politique industrielle devient une variable directe de la performance financière.

Une souveraineté européenne sous parapluie atlantique

La principale ambiguïté de la doctrine Hommels tient à sa définition de la souveraineté. Son diagnostic est européen : le continent dépend trop des technologies américaines, ne dispose pas de suffisamment de capital de croissance, et risque de perdre ses entreprises critiques au moment où elles deviennent stratégiques. Klaus Hommels souhaite conserver en Europe la propriété intellectuelle, les capacités de production, les centres de décision et la gouvernance.

Mais la réponse de LAKESTAR reste profondément atlantique, Resilience I investit dans les pays alliés de l’OTAN, BAE Systems participe au fonds, Mike Pompeo siège à son conseil consultatif, et Hommels joue un rôle central au NATO Innovation Fund. La stratégie ne consiste donc pas à construire une autonomie européenne à distance des États-Unis, mais à renforcer le pilier technologique européen d’un ensemble occidental.

Deux objectifs qui peuvent converger, tant ils ne sont pas identiques. Une Europe mieux équipée et disposant de ses propres industriels renforce l’Alliance atlantique, mais une souveraineté véritable doit aussi permettre d’agir lorsque les priorités américaines divergent de celles du continent. C’est à ce moment précis que la nationalité des capitaux, les droits de gouvernance, les règles d’exportation et la localisation des chaînes de production cessent d’être de simples détails juridiques.

Une entreprise peut être financée par des capitaux américains sans perdre son autonomie. Elle peut aussi devenir dépendante de licences, de composants, de marchés ou de décisions réglementaires prises à Washington. La souveraineté se révèle lorsqu’une crise oblige à déterminer quel client sera servi, quelle technologie pourra être exportée, et quelle autorité aura le dernier mot.

Le rendement reste le juge de paix

Le discours de LAKESTAR peut sembler politique toutefois Resilience I reste un fonds d’investissement. Ses souscripteurs attendent un rendement, ses participations devront croître, et le capital devra un jour être restitué.

La défense européenne offre, pour l’heure, un environnement favorable : les budgets militaires augmentent, les stocks doivent être reconstitués, les armées cherchent à intégrer les enseignements technologiques de l’Ukraine. En 2025, les start-up européennes de la défense, de la sécurité et de la résilience ont levé 8,7 milliards de dollars, en progression de 55 %.

Cette hausse alimente aussi un risque de consensus. Le capital afflue vers un nombre limité d’entreprises, les valorisations progressent plus vite que les revenus, les commandes publiques restent lentes. Helsing est valorisée 18 milliards de dollars cinq ans après sa création, un chiffre qui suppose que l’entreprise devienne l’un des principaux fournisseurs de la future défense européenne. La souveraineté constitue une thèse politique solide ; elle ne dispense pas de discipline financière.

Par ailleurs, LAKESTAR devra affronter une autre contradiction : celle de la durée. Un fonds de venture est généralement conçu pour organiser des sorties en une dizaine d’années ; une entreprise de défense peut mettre plusieurs décennies à devenir un industriel de référence. La vendre trop tôt à un grand groupe peut produire un rendement, mais affaiblir la volonté de construire un nouveau champion autonome. Le capital géopolitique veut financer le temps long avec des véhicules qui conservent une échéance. Toute la difficulté est là.

Après la croissance, la puissance

Lorsque Klaus Hommels investit aux débuts de Spotify en 2009, son pari porte sur la capacité d’une entreprise européenne à transformer un marché mondial dominé par des acteurs américains. Avec Helsing, Isar Aerospace, Auterion et Resilience I, il ne s’agit plus seulement de conquérir un marché mais de conserver une capacité d’action.

Ce changement raconte celui du capital-risque européen tout entier.  Klaus Hommels a compris tôt que la technologie n’était pas indépendante des rapports de puissance. Reste qu’il devra encore prouver que sa nouvelle doctrine peut produire des entreprises industrielles, obtenir des commandes publiques, et préserver une gouvernance européenne lorsque les besoins en capital deviendront considérables. Mais la transformation, elle, est déjà accomplie, après avoir consacré sa carrière à financer la croissance, le fondateur de LAKESTAR veut désormais financer la puissance européenne.

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